L'HOMME DE NÉANDERTAL

Homme de Néandertal

Le continent Européen abritait déjà, il y a 40 000 ans environ, une autre espèce d’hominidé au moment où l’homme moderne y a mis les pieds pour la première fois. Les hommes de Néandertal y étaient installés depuis plusieurs centaines de milliers d’années ; si longtemps que l’évolution en une espèce distincte ne s’est pas encore fait dans notre berceau ancestral, l’Afrique. Si l’on se fie aux découvertes archéologiques, les deux espèces d’humanoïde ont partagé le vaste territoire que constitue l’Europe pendant près de 10 000 ans avant que Néandertal ne disparaisse abruptement. Les dernières traces ont été laissé dans des grottes de Gibraltar il y a près de 28 000 ans. La mort de l’homme de Néandertal a fait de l’homme moderne la dernière espèce d’humain survivante. La question qui se pose est qu’est-ce qui a causé leur disparition ?

Néandertal est souvent présenté comme l’archétype même de l’homme sauvage. Il habite dans les cavernes, vie de chasse et de pêche, à l’esprit lent et communique uniquement par des grognements gutturaux. Il a les cheveux enchevêtrés et une barbe grossièrement négligée. On le représente souvent voûté, portant une massue et habillé de peaux de bête singulièrement cousu. Son nom est même devenu synonyme de barbare. Pourtant, les recherches archéologiques ont démontré que ce portrait ne correspond en aucun cas à la réalité. Les Néandertaliens auraient été monogames et auraient vécus en petits groupes distinct. Ils étaient très semblables à l’homme moderne dans plusieurs de leurs rituels ; notamment dans la façon dont ils enterraient les défunts et prenaient soins de leurs semblables malades et blessées. Malgré le fait qu’ils communiquaient de manière très primaire, ils étaient de grands chasseurs et artisans et certaines traces retrouvées sur des îles méditerranéennes témoigne de leur capacité à voyager en eau libre. Ceci indique que certaines techniques de construction de bateaux étaient connues il y a très très longtemps. Leur grand talent artistique est confirmé par plusieurs peintures rupestres laissées sur les murs de grottes et dont certaines dates d’environ 42 000 ans.

DE GRANDES DIFFÉRENCES

Il y a cependant d’énormes différences anatomiques entre l’homme de Néandertal et l’homme moderne. Les différences se situent surtout au niveau de la boîte crânienne ; front incliné vers l’arrière et arcades sourcilières proéminentes. Leur menton était aussi beaucoup moins saillant que nous. Ayant vécu dans le climat froid de l’Europe, ils y étaient beaucoup mieux adaptés comme le laisse croire leurs petite stature robuste. L’homo sapiens, qui a évolué dans la chaleur de la savane africaine, est plus mince et moins trapus. Mais malgré ces différences notables, il serait difficile de distinguer l’homme de Néandertal de l’homme moderne si on lui coupait les cheveux et l’habillait d’une paire de jean et d’une chemise.

Outre les différences physiologiques, il existait aussi certaines différences culturelles entre les Néandertaliens et les humains. Les Néandertaliens avait un comportement plutôt antisocial ; il formait de petits groupes et n’avait que très peu de contacts avec des individus à l’extérieur de leur cercle. Cette caractéristique propre à l’homme sauvage ne passerait probablement pas inaperçu à l’ère moderne où nous en sommes. Une autre distinction intéressante se trouve au niveau des outils en pierre utilisés par Homo neanderthalensis et Homo sapiens. On donne le nom de moustérien aux outils néandertaliens, qui n’ont que très légèrement évolué pendant des centaines de millénaires et qui trahissent le manque d’adaptation de cette espèce aujourd’hui disparu. Il semble que contrairement aux humains, l’homme de Néandertal était incapable de faire preuve d’ingéniosité ou de résoudre des problèmes.

DEUX RACES D’HUMAINS

Même s’il est impossible à l’heure d’actuelle de l’affirmer avec certitude, plusieurs découvertes archéologiques indiquent que Néandertal a bifurqué, il y a 400 000 ans, de la ligne d’évolution qui a conduit à l’homme moderne. L’ancêtre commun serait Homo heidelbergensis, lui-même descendant d’Homo erectus. Un groupe d’Homo heidelbergensis aurait traversé sur le continent Européen avant d’être détacher de la population d’origine suite à une grande période de glaciation. Les conditions climatiques radicalement différentes du continent Africain et de l’Europe auraient donné naissance à deux types d’humanoïde il y a de cela environ 150 000 ans. Les Néandertaliens se serait dispersé en Asie et dans les régions du Moyen-Orient tandis que l’homme moderne aurait commencé à quitter l’Afrique il y a près de 70 000 ans. Selon toutes indications, il n’y a eu que très peu de contacts entre les deux lignes d’évolution. La population Néandertalienne s’est graduellement réduit aux fils des millénaires jusqu’à ce que seuls quelques petits groupes survivants se retrouvent isolés dans les cavernes du rocher de Gibraltar. Parmi les causes possibles du déclin on compte la propagation de maladies ainsi que la confrontation et la concurrence pour les mêmes ressources avec Homo sapiens. L’histoire tend à blâmer l’homme moderne, qui a causé des ravages partout où il a colonisé. Il a rayé des forêts, décimée des faunes et anéanti de nombreuses populations autochtones. On peut penser qu’une combinaison de ces différents facteurs a grandement contribué à l’extinction de l’homme de Néandertal, malgré qu’il n’existe aucune preuve permettant d’étayer ces hypothèses.

CHANGEMENTS CLIMATIQUES

À son apogée, il y a environ 100 000 ans, l’homme de Néandertal s’était répandu jusqu’aux confins de la Chine. Le déclin s’est ensuite effectué de façon constante avant de s’accélérer il y a environ 50 000 ans. Cette époque est caractérisée par de grande instabilité climatique et des vagues de froid très intenses. Il est probable qu’un changement brutal du climat ait engendrée une diminution du nombre d’espèces de proies disponible pour les chasseurs néandertaliens. Ce qui autrefois était de la forêt fût remplacé par de la toundra et de la steppe. Incapable de modifié leur outils et leur méthodes de chasses, les Néandertaliens n’ont pas su s’adapter assez rapidement aux nouvelles circonstances forcées. La population a alors dramatiquement chuté avant que les derniers survivants ne se réfugient dans le sud de l’Espagne, où les changements climatiques ont été moins rudes. Si l’on se fie à cette théorie, l’extinction de l’homme de Néandertal n’est donc pas la faute de l’homme moderne mais plutôt le coup du destin.

Des questions intéressantes ont été soulevées en 2010 lorsque la séquence complète de l’ADN de l’homme sauvage a été publiée pour la première fois. Les résultats ont démontré que les gênes de l’homme moderne sont héritées entre 1 et 4 % de l’homme de Néandertal. Il y a donc eu des croisements entre Sapiens et Néandertaliens qui ont produit une descendance viable. Ceci nous pousse à nous demander si Sapiens, Néandertaliens et Heidelbergensis sont vraiment des espèces distinctes. Si l’on suit ce raisonnement, alors l’homme de Néandertal n’a pas totalement disparu ; il s’est simplement fondu dans la population moderne par différent croisement comme en témoigne notre ADN.

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