L'AFFAIRE JFK - L’ASSASSINAT DU PRÉSIDENT KENNEDY

JFK et Lee Oswald

Le 22 novembre 1963, John Fitzgerald Kennedy aka JFK, trente-cinquième président des États-Unis, est assassiné lors d’une visite au Texas. Alors que les autorités se murent dans un silence suspect, un élément inhabituel alimente la thèse du complot : les images du drame, filmées par des amateurs, font le tour du monde.

Novembre 1963. Le président Kennedy lance en grande pompe la campagne pour sa réélection l’année suivante. Le Texas est la première étape. Par un temps splendide, les habitants de Dallas se sont déplacés en masse et acclament le cortège sur son passage. Portée par cette atmosphère chaleureuse, la limousine décapotée s’engage sur Dealey Plaza, une immense place ouverte offrant le Président à la vue de la population. À 12h30, le véhicule tourne dans Elm Street. La suite, filmée par des cameramen amateurs, appartient à la grande histoire du XXe siècle. L’un d’entre eux, Abraham Zapruder, immortalise l’événement de son bureau, situé en face du Texas School Book Depository, immeuble dominant la place. Son film va bientôt faire le tour du monde. Une première détonation retentit. Les agents de sécurité, croyant entendre la pétarade d’un moteur, ne réagissent pas. Un premier tir vient de toucher JFK à la gorge. Puis, un second touche le gouverneur Connally, qui s’effondre à son tour, grièvement blessé à la poitrine. Une troisième balle atteint mortellement le Président à la tête. L’agent des services secrets Clint Hill se précipite alors et grimpe sur la limousine pour protéger le couple, mais il est trop tard. Quatre coups de feu ont été tirés. Le deuxième a été fatal à Kennedy, qui gît sur la banquette. Sa femme, Jackie, épouvantée, tente de s’échapper vers l’arrière du véhicule. La mort du Président est officiellement annoncée par la Maison-Blanche à 13h33. Une heure plus tard, le vice-président Lyndon Johnson prête serment à bord de l’avion qui va ramener le corps à Washington. La disparition tragique de John Fitzgerald Kennedy ébranle le monde entier et plonge l’Amérique dans un deuil profond. Sa mort prématurée et dramatique fait de lui un objet de culte, éclipsant son bilan politique mitigé.

L’ÉNIGME LEE HARVEY OSWALD

Lee Harvey Oswald

Entre 13 heures et 13h15, un agent de police, J. D. Tippit, en patrouille à Oak Cliff, quartier résidentiel situé à quelques kilomètres de Dealey Plaza, est tué par balle. Il était alors à la recherche d’un employé du Texas School Book Depository déclaré manquant, un certain Lee Harvey Oswald. À 13h50, soit 70 minutes après le drame, le suspect est arrêté dans un cinéma. Inculpé des deux meurtres, il nie catégoriquement son implication. Lee Harvey Oswald est un individu au parcours chaotique, Né à La Nouvelle-Orléans, il sert de 1956 à 1959 au sein du corps des marines américain, où il fait preuve d’une bonne aptitude au tir mais voit son avancement entravé par ses opinions politiques. Sympathisant marxiste déclaré, il se rend en Union Soviétique en 1959 et y réside pendant deux ans et demi. À son retour, en juin 1962, il s’installe à Fort Worth, près de Dallas, puis à La Nouvelle-Orléans, où il vit de petits boulots. Déçu par ce qu’il a vu en Russie, il devient un ardent défenseur de Fidel Castro. En septembre 1963, il se rend au Mexique et tente sans succès d’obtenir un visa pour se rendre à Cuba. De retour à Dallas, il trouve grâce à ses relations une place d’employé au Texas School Board Depository, un dépôt qui assure la distribution des livres éducatifs. Le FBI s’intéresse alors à lui ; son voyage à Mexico et la rixe qui l’a opposé à des anticastristes quelques mois plus tôt ont éveillé les soupçons. Les surveillances et filatures réalisées à l’époque ont permis d’identifier ses fréquentations : Clay Shaw, un homme d’affaires, Guy Banister, un ancien agent du FBI devenu détective privé, et David Ferrie, vétéran de la guerre et activiste d’extrême droite. Le matin du 22 novembre, Oswald quitte son domicile ; il est aperçu montant dans sa voiture avec un long paquet qu’il déclare être des tringles à rideaux.

UN PROCÈS SANS PRÉVENU

Pour les enquêteurs, l’objet transporté par Oswald le matin du crime pourrait bien être le fusil de marque Carcano M91/38 retrouvé lors d’une perquisition dans l’immeuble du Texas School Board Depository. Le parcours de l’arme est reconstitué : elle a été achetée en mars de la même année par Oswald sous le nom de « A. Hidell ». Une empreinte digitale partielle est relevée sur le canon ainsi qu’un fragment de fibre issu de la chemise dont était vêtu Oswald ce jour-là. Les balles retirées du corps du gouverneur Connally et deux éclats prélevés dans la limousine présidentielle portent la signature du fusil. De plus, il s’agit de la même arme qui en avril 1963 avait été utilisée dans la tentative d’assassinat du général Walker et d’un modèle similaire à celui qu’arborait fièrement Oswald sur une photo prise quelques mois plus tôt. Les éléments à charge s’accumulent ; seul le mobile du crime échappe encore aux policiers. Toutes leurs attentes s’écroulent lorsque, le 24 novembre, pendant son transfert vers la prison d’État de Dallas, Oswald est assassiné par Jack Ruby, un propriétaire de night-club. L’assassin donne une explication surprenante à son geste : indigné par la mort du président Kennedy, il aurait agi sur un coup de folie et aurait souhaité éviter à la première dame l’épreuve supplémentaire d’un procès. Sans procès, la culpabilité d’Oswald est admise ; elle comporte cependant de nombreuses zones d’ombre. Aucun témoignage sur le lieu du crime ne l’identifie formellement en train de tirer ou prenant la fuite. Des personnes travaillant dans l’immeuble affirment même l’avoir vu calme et détendu quelques minutes après l’assassinat. De plus, il apparaît que l’empreinte sur le canon de l’arme a été présentée tardivement, bien après la mort d’Oswald, et alors que des examens réalisés par le FBI s’étaient révélés infructueuses.

UNE AFFAIRE ÉTOUFFÉE PAR LE FBI ET LA CIA ?

Le FBI et la CIA

Le 24 septembre 1964, la commission Warren, créée par le président Johnson, exclut l’hypothèse d’un complot, qu’il soit le fait des extrémistes sudistes, des castristes, des communistes ou d’opposants politiques. Elle conclut à l’acte isolé d’un déséquilibré. Cette version officielle ne va pas tarder à être battue en brèche. En 1976, un autre comité d’enquête, le United States House of Representatives Select Committee on Assassinations (HSCA), conclut que les investigations de la CIA et du FBI ont été défaillantes à plusieurs égards et que tous les éléments d’information collectés n’ont pas été transmis à la commission Warren. Il accuse également le FBI d’avoir été négligent dans la sécurité du convoi présidentiel puis d’avoir bâclé l’enquête – sous la pression selon les rumeurs du directeur J. Edgar Hoover et de plusieurs « officiels du gouvernement ». La commission juge recevable l’hypothèse d’une conspiration. Ses arguments sont fondés : bien qu’Oswald soit un tireur chevronné, enchaîner en quelques secondes quatre coups de feu avec un fusil à rechargement par la culasse est, en pratique, impossible. Trois tirs sur quatre lui étant attribués, le dernier est obligatoirement l’œuvre d’un assassin inconnu. Juste avant le meurtre, plusieurs personnes prétendent avoir vu deux hommes à la fenêtre du cinquième étage de l’immeuble. Sur la butte herbeuse bordant Dealey Plaza, des témoins affirment avoir aperçu de la fumée, d’autres des hommes en armes. Dès 1966, un « Comité d’investigation citoyen » accuse la commission Warren « d’avoir rédigé ses conclusions avant d’avoir examiné tous les éléments » et soutient que le Président a été atteint par des balles provenant de directions multiples. Sur le film de Zapruder, JFK semble effectivement touché à la tête par deux tirs simultanés, l’un de derrière, l’autre venant de sa droite.

ENQUÊTES ET CONTRE-ENQUÊTES MÉDIATIQUES

En 1967, le procureur de La Nouvelle-Orléans Jim Garrison mène son enquête en secret. En mars, il annonce l’arrestation de Clay Shaw pour complicité dans l’assassinat de JFK. Un témoin prétend avoir entendu Shaw, Oswald et David Ferrie – décédé peu avant – s’entretenir au sujet d’un complot contre le Président. Mais le témoin se rétracte, et Shaw est acquitté en 1969. En 1973, le film Complot à Dallas retrace le déroulement de l’événement et met trois tireurs en scène. La droite extrémiste et les lobbies militaro-industriels, opposés à la politique d’apaisement de Kennedy envers le bloc soviétique et mécontents de l’échec du débarquement de la « baie des Cochons » en 1961, sont accusés d’avoir commandité l’assassinat. En mars 1975, la première diffusion télévisée du film de Zapruder crée un choc dans l’opinion publique et relance l’affaire. La même année, la commission Rockefeller tente d’élucider l’origine du coup de feu mortel et enquête sur l’implication de E. Howard Hunt, un agent de la CIA avec lequel Oswald aurait pris contact au Mexique, ainsi que de Frank Sturgis, un autre agent fédéral lié à la mafia. Tous deux auraient été présents à Dallas au moment des faits. Publié en 1989, l’ouvrage High Treason, de Robert Groden et Harrison Livingstone, accuse les autorités d’avoir volontairement égaré les photos de l’arrière du crâne du président, montrant une blessure béante qui aurait accrédité la thèse d’une balle tirée de face. À ce jour, plus d’un millier de livres ont apporté leur pierre à la théorie de la conspiration, tentant d’expliquer les places respectives de Ruby, Oswald, Shaw et Ferrie sur l’échiquier du complot ainsi que leurs relations avec la mafia, la CIA, le FBI, le KGB, les mouvements d’extrême droite, pro ou anti-Castro, les groupements militaro-industriels, et même le vice-président Johnson.

La dernière parade de John Fitzgerald Kennedy

Guillaume Lambert

Ingénieur logiciel de formation et amateur de mystères, de fantastique et d'aventures.

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