LE MONSTRE DU LOCH NESS

Le monstre du loch Ness

Le monstre du loch Ness, surnommé Nessie, est bien l’attraction la plus connue du monde écossais. Il tient sont existence des paroles de témoins isolés l’ayant vu ou approché, et de photographies dont certaines ont été authentifiées. Pourtant, peut-on affirmer qu’une bête, dont l’espèce nous est inconnue mais dont la renommée est aujourd’hui mondiale à la grande satisfaction de l’Agence nationale du tourisme en Écosse, dorme dans les eaux profondes du lac ?

Situé au nord du pays, le loch Ness est un lac qui s’enfonce dans les Highlands depuis la périphérie d’Inverness. Long de plus d’une trentaine de kilomètres, sa profondeur peut atteindre les 250 mètres. L’épais brouillard qui couvre régulièrement sa surface, l’opacité de son eau et les ruines du château d’Urquhart qui le bordent sont des éléments à l’origine d’une partie de son mystère. La légende d’un monstre qui vivrait dans cette région est très ancienne. Déjà en 565, saint Colomba aurait rencontré une étrange bête aquatique dans la rivière Ness. Les archives nous font observer que, tout au long du XIXe siècle, de nombreux témoins vont propager l’idée qu’un monstre habite le lac. Le premier spectateur à avoir laissé son empreinte dans la légende de Nessie est un certain Jimmy Hossack en 1862.

L’existence de la bête est annoncée par voix officielle dans la presse, par l’intermédiaire d’un article d’Alex Campbell publié dans l’Inverness Courier du 2 mai 1933. Les colonnes du journal rendent compte du récit d’un couple de témoins qui a assisté à un étonnant bouillonnement de l’eau du lac avant d’être stupéfié par l’apparition d’un énigmatique animal. Celui-ci avait une petite tête grisâtre, un long cou et un corps d’une longueur de 9 mètres environ. Dès la parution de cette déclaration, c’est toute la région qui est en émoi et qui reçoit un flot continu de curieux bien déterminés à observer, eux aussi, cette manifestation. La récente route qui borde le lac connaît une fréquentation importante et les témoignages auprès des journalistes se multiplient.

Enfin, le 13 novembre de la même année, un premier cliché est pris de la fameuse bête. Authentifiée par les laboratoires Kodak, la photographie de Hugh Gray, en faisant le tour du monde, offre au monstre et au site qui l’entoure une notoriété internationale. Elle déclenche également une polémique. Une large partie de la communauté scientifique s’avoue sceptique et réclame d’autres éléments plus convaincants pour s’intéresser à ce qu’ils considèrent n’être pour l’instant qu’un phénomène de foire. Une nouvelle photographie du monstre, celle du docteur Robert Wilson, est publiée dans le Daily Mail du 21 avril 1934. Ses détails impressionnent les lecteurs et entretiennent le débat. On y voit très précisément un cou sortant de l’eau. Mieux encore, un film est tourné quelque temps plus tard par Malcolm Irvine mais la pellicule se perd.

Le conflit de la Seconde Guerre mondiale n’éteint pas la légende. Des témoignages, civils et militaires, continuent d’être enregistrés et un autre cliché, réalisé par Lachlan Stuart le 14 juillet 1951, révèle la présence de plusieurs bosses sur le corps de la bête. C’est à cette époque qu’est mise en place la première observation du lac à l’aide d’un sonar. Commanditée par la BBC en 1958, l’expérience qui révèle l’existence d’une masse de 7 mètres de long est dévoilée dans une émission de télévision qui connaît une importante audience. La chaîne n’abandonne plus le sujet quand, en 1960, elle diffuse les images du film de Tim Dinsdale qui montrent le déplacement d’une bosse sur le lac.

L’affaire est devenue si sérieuse qu’un Bureau d’investigation des phénomènes du loch Ness est créé et organise plusieurs missions d’observations sur le lac. À plusieurs reprises, des masses sombres et inconnues sont mises en évidence sans être identifiées. En l’absence de résultats probants, le Bureau ferme ses portes en 1972. Ses intentions sont reprises dans les nombreuses expéditions menées par le docteur Rines qui ne cesse d’user du sonar et de la caméra pour débusquer la bête. En 1975, le scientifique réussit à prendre deux clichés intéressants qu’il interprète comme le cou et la tête du monstre. Les dernières observations au sonar ne permettent pas de faire d’avancées significatives. La dernière grande expédition qui se tient en octobre 1987, l’opération Deepscan, couvre la majorité des eaux du lac et arrive à la même conclusion floue que les précédentes missions : la présence d’une masse dans les profondeurs du lac.

Même si de nouveaux éléments tentent de prouver l’existence de Nessie nous arrivent encore aujourd’hui sur nos écrans, le rêve de découvrir la bête semble éteint. De récentes informations ont accru la désillusion des plus passionnés. Alors que les clichés de Robert Wilson et de Lachlan Stuart se sont révélés être des faux, une publication scientifique a fait part de l’impossibilité de la présence d’une bête de plus de trois cents kilos dans les profondeurs du loch Ness en raison du manque de ressources alimentaires pour la survie de celle-ci. D’autres études ont clairement écarté la présence hypothétique d’un gros esturgeon de la Baltique, d’un phoque gris ou d’un plésiosaure, un animal préhistorique. Quant aux résultats des expériences au sonar, ils sont à relativiser et à rapprocher de l’observation de simples bancs de poissons. Néanmoins, ces thèses n’éteignent pas la flamme ardente qui anime certains exaltés, passionnés de cryptozoologie. Ils songent encore à découvrir ce qui se cache sous la surface du loch Ness : peut-être une espèce inconnue ou en cours de transformation ?


Guillaume Lambert

Ingénieur logiciel de formation et amateur de mystères, de fantastique et d'aventures.

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