LES OLMÈQUES

ARTICLE PAR GUILLAUME LAMBERT
PUBLIÉ 31 DÉCEMBRE 2017
Les Olmèques

La culture olmèque est considérée comme une civilisation mère dans les régions mexicaines et par la plupart des spécialistes. Étant la plus ancienne de Méso-Amérique, elle a eu une influence décisive sur tous les peuples de la région qui lui ont succédé : Mayas, Zapotèques, Toltèques, Aztèques. Les olmèques ont laissé des traces spectaculaire de leur passage sur terre tel que des gigantesques têtes sculptées dans la roche et dont la vocation demeure toujours un mystère. Les experts sont nombreux a commenté sur leur méthode de fabrication, leur esthétique ainsi que leur taille.

Dans le golfe du Mexique, la province de Vera Cruz est bien connue pour ses gisements pétroliers. Si cette région possède de nombreuses mares de goudron, c’est aussi un endroit où l’on y découvre les vestiges et les artefacts d’une civilisation ancienne qui resta dans l’ombre fort longtemps. En effet, les deux plus grands peuples de l’histoire précolombienne du Mexique, les Mayas et les Aztèques, ont pendant plusieurs décennies voilés les réalisations des autres cultures de Méso-Amérique. Les Espagnols, connaissant bien les Mayas et les Aztèques pour avoir guerroyé contre eux lors de conflits les rendant maître du pays, ont régulièrement décrit ces cultures locales et païennes. Jusqu’au 19e siècle, on ne parlera que très rarement des Olmèques. On assimile souvent les trouvailles archéologiques aux Mayas, n’admettant pas encore le caractère spécifique de la culture Olmèque. Faute de savoir par quel nom ils se désignaient eux-mêmes, nous les avons tardivement baptisée « Olmèques », terme correspondant à la version aztèque du mot « caoutchouc ». Les Olmèques ont commencé à intrigué les chercheurs lorsque la première tête colossale qu’ont leurs doit a été mise à jour dans la commune de Tres Zapotes. La stupéfaction suite aux premières découvertes à rapidement laissé place aux suppositions de tout type. Le style particulier de la sculpture ainsi que les traits du visage qui n’évoquent rien de familier ne semblent, à priori, être local. La tête est vêtue d’une espèce de casque ou de coiffe qui lui donne une allure de guerrier. De plus, ses traits charnus et grossiers, ses lèvres épaisses ainsi que son nez épaté nous laissent croire qu’elle pourrait être de provenance subsaharienne.

ORIGINES MYSTÉRIEUSES

Christophe Colomb ne peut aujourd’hui plus être qualifié de « découvreur de l’Amérique ». Les ancêtres des autochtones, paléo-Américains venu d’Asie et peut-être même d’Europe et d’Afrique, sont les vrais découvreurs du Nouveau Monde. On peut affirmer avec certitude que des Européens, notamment les Vikings, connaissaient l’Amérique bien avant Colomb. Il est facile de s’imaginer qu’à l’époque Olmèque, des Égyptiens, des Phéniciens ou des Africains de l’Ouest ont pu s’égarer dans l’immensité de l’océan avant d’être poussés pas les alizées et de finalement venir s’échouer sur les côtes américaines. Certaines représentations artistiques précolombiennes évoquent effectivement des faciès europoïdes ou négroïdes. On soutient que si les Olmèques ont pu construire des pyramides, c’est sans doute qu’une autre civilisation tels que les Égyptiens ou les Atlantes leurs ont transmis leurs savoir. On considère d’emblée que les visages olmèques représentés sur les sculptures sont d’origine africains. Cependant, cette thèse n’est soutenu actuellement ni par l’archéologie, ni par les sources, ni par les observations anthropologiques. Les Olmèques passionnent par leurs mystères et leur habileté artistique et c’est avec étonnement que l’on a découvert au milieu du 20e siècle que leurs œuvres sont plus anciennes que celles des Mayas. C’est avec la technique de datation au carbone 14 que l’on a pu confirmer que les Olmèques constituent la plus ancienne culture de Méso-Amérique, ce qui n’était au début qu’une simple hypothèse. Toutes les civilisations qui ont suivi se sont inspirées des Olmèques. On compte entre autres parmi les connaissances que ces dernières ont acquises des Olmèques l’invention de l’écriture, du calendrier, la construction des premières pyramides Américaines, de nombreux codes artistiques ainsi que les bases de toutes leurs croyances. La période Olmèque s’étale sur 700 ans, de 1 200 ans à 500 ans avant l’ère du Christ. Les Olmèques furent suivit des Mayas et ensuite des Aztèques, 1 500 ans plus tard. Si les Olmèques ont pu se développer autant, c’est grâce à leurs meilleures capacités de production de nourriture, notamment leurs connaissances avancées en agriculture. Cela engendra une expansion démographique et un phénomène d’institutionnalisation de la religion, d’émergence de code esthétiques et de tout ce que l’on attribue à l’identité de la culture Olmèque.

GRANDES SUPPOSITIONS

Un des gros problèmes lorsque l’on tente d’analyser les cultures antiques, c’est qu’il n’existe que très peu de sources d’informations. L’écriture est apparût en Méso-Amérique avec la stèle de Cascajal, 900 ans avant J.-C. Cette pierre, découverte en 1999 au Mexique, compte 62 hiéroglyphes et constitue la plus ancienne écriture d’Amérique. Mais de toutes les sources scripturales disponibles, rien ne permet d’éclairer le mystère olmèque. De plus, le climat tropical propre à leur aire géographique n’aide en rien la conservation des artefacts et des corps. Parmi tout les foyers primordiaux de civilisation à travers le monde, les Olmèques sont les seuls à s’être développé à partir d’un contexte tropical humide. Enfin, le haut degré d’organisation qu’ils ont atteint dans cette partie du monde ne connue aucun équivalent avec qui des échanges auraient pu être possible et qui auraient pu éventuellement laisser une description du mode de vie olmèque. Les connaissances actuelles sont encore trop récentes et incomplètes pour pouvoir dresser un portrait précis de cette civilisation. La langue parlée, les rituels pratiqués et le type physique sont autant de mystères qu’ils restent à résoudre. Lorsque vient le temps d’analyser les Olmèques, déduction et supposition son maîtres. Certaines choses sont cependant sans équivoque. Par exemple, le jaguar était un animal vénéré et jouait un rôle très particulier dans le culte. D’ailleurs, certains aspects des représentations humaines ont une allure hybride et reprennent les caractéristiques du félin. On note en autre les lèvres retroussées, la grimace de la bouche vers le bas, le plissement des yeux en amandes… Ce sont tous des traits qui font penser au jaguar. De plus, les Olmèques ont une réputation pour leurs sculptures de style « poupon ». Il est fréquent de remarquer des bébés aux traits félins, ce qui démontre encore une fois toute l’importance accordé à ce fauve dans les mythes de ce peuple ancien. Ceci laisse présager que les Olmèques croyaient en une forme de filiation entre le jaguar et les hommes. Cependant, ce qui déroute le plus les experts sont les têtes monumentales découvertes sur les grandes sites de Tres Zapotes, San Lorenzo et la Venta. Malgré l’âge de ces œuvres, elles sont considérées comme parmi les plus fines de Méso-Amérique. Certaines ont une esthétique particulière qui évoque l’Afrique alors que d’autres ont plutôt l’apparence des populations actuelle de la province de Veracruz. Nez plats et larges, visages ronds et lèvres charnues sont les caractéristiques typiques d’une sculpture Olmèque.

DES CAILLOUX POUR TAILLER

Il n’y a jamais de corps pour accompagner la tête et même s’il se dégage un style standard de toutes ces statues, chaque œuvre est personnalisé et évoque un individu précis. Des 17 têtes retrouvées, elles semblent tous ce distinguées. Elles mesurent entre 1,50 mètres et 3,50 mètres et pèsent plusieurs tonnent. La plus grosse statue pèse une cinquantaine de tonnes. Ces énormes visages, taillés dans le basalte, ont été fabriqués sur le lieu d’extraction avant d’être transportés jusqu’au lieu de leurs installation. On se demande toujours comment un peuple aussi ancien et ignorant la métallurgie a pu produire de tels objets et les transporter à travers la jungle. Ne possédant ni marteau ni burin, les sculpteurs olmèques ont décidément utilisés des cailloux pour extraire, dégrossir et puis finalement taillées les têtes. La matière première provient de blocs partiellement ou complètement détachés des filons basaltiques de la région de La Cobata. À l’aide de leurs galets, les ouvriers frappent directement le bloc choisi afin de le dégrossir. Ensuite, deux pierres sont utilisées pour réaliser les travaux de finition. L’une sert de marteau alors que l’autre sert de percuteur. L’aspect rond des têtes olmèques est obtenu en frottant la surface avec des pierres dures, ce qui donne de belles courbes régulières. Certaines œuvres sont aussi richement décorées. Le lieu d’extraction de la roche est situé à 150 km en moyenne du lieu où les sculptures sont définitivement installées. Comment ont-ils pu déplacer des blocs de quelques dizaines de tonnes à travers la forêt tropicale, sans connaître la roue et sans traction animale? Plusieurs détours sont nécessaires pour contourner les régions trop boisées, trop détrempées… Il faut également éviter les saisons de grandes pluies ainsi que les inondations courantes dans cette région. La théorie actuelle est que les Olmèques connaissait le bateau et qu’il était capable de se déplacer par voie maritime dans leurs pays.

UNE REPRÉSENTATION DE L’ÉLITE ?

Afin de pouvoir mobiliser les ressources nécessaires à l’accomplissement d’un projet aussi monumental, il faut jouir d’une certaine autorité. C’est de ce constat que l’on peut croire que les sculptures représentent probablement l’élite de la vie politique et sociale olmèque. Comme les statues sont toutes uniques, il est possible qu’elles correspondent à des individus réels avec leurs propres caractéristiques. Il est aussi possible que ces têtes sans corps soient une représentation de joueurs de balles décapitées. En effet, les joutes de balles précolombiennes se finissaient souvent par la décapitation des perdants. Ces monuments feraient honneur à ces sportifs de haut niveau morts au service de leurs dieux et croyances…

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