LA PYRAMIDE DE KHEOPS

La pyramide de Kheops

Des sept merveilles du monde, la pyramide de Kheops est la seule que nous pouvons encore admirer aujourd’hui. Avec les ensembles funéraires qui l’entourent, elle est classée au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1979. Incarnation du génie des architectes de la civilisation égyptienne, elle représente l’apogée à une échelle monumentale d’un art et d’un savoir-faire qui ont évolué en quelques siècles. Si la pyramide de Kheops fascine les spécialistes éminents comme les plus jeunes, c’est très certainement parce qu’elle continue de renfermer de multiples énigmes. Des questions restent en suspens et animent les esprits les plus imaginatifs.

Héritière de la pyramide à degrés dont la première réalisation, dédiée au pharaon Djéser, est construite vers 2650 avant notre ère par l’architecte Imhotep à Saqqarah, la pyramide de Kheops présente quatre faces lisses, à l’image de celle de Snéfrou qui la précède. Le début des travaux commence dès la prise du pouvoir du pharaon qui règne de 2590 à 2565 avant J.-C. Elle adopte d’impressionnantes dimensions proportionnelles à la richesse du souverain. D’une hauteur de 147 mètres, aujourd’hui diminuée de 9 mètres, et d’une largeur de 230 mètres, elle couvre cinq hectares. Elle est traversée par de longs couloirs rectilignes qui mènent à une chambre souterraine, à la chambre de la reine et à la chambre du roi. Dominant le plateau de Gizeh comme l’ont voulu ses architectes, elle sera par la suite entourée des pyramides de Kephren, de Mykerinos ainsi que du Sphinx.

L’absence de dépouille dans le sarcophage de granit rose a fait naître bon nombre de théories. Depuis des siècles, les hypothèses vont bon train. Le monument ne serait pas la sépulture d’une momie royale. C’est ainsi que la Grande Pyramide a successivement été vue comme un grenier à blé, une gigantesque bibliothèque, un coffre-fort, une mémoire de l’unité de mesure du pays, le lieu choisi pour les rites d’initiation du culte d’Isis, un instrument astronomique, une matérialisation de la connaissance du nombre pi et de la rotondité de la Terre, la représentation architecturale de prophéties ou du récit de la Bible, mais aussi, et plus curieusement, une balise émergée pour guider Noé en plein déluge, un sarcophage renfermant l’Arche d’alliance, le témoignage de rescapés de l’Atlantide engloutie ou encore l’accès vers un prétendu monde à l’intérieur de la Terre.

La thèse astronomique pourrait être retenue car la disposition de la pyramide, dont les quatre faces sont exactement orientées en direction des quatre points cardinaux, put surprendre et faire réfléchir. De plus, les conduits de ventilation dans les chambres du roi et de la reine pointent en ascendance constante vers le nord et le sud. Mais il est inutile de faire de ces observations une interprétation hasardeuse et dénuée de preuves matérielles. Nous pouvons simplement constater l’étendue des connaissances, précises et fiables, de la civilisation égyptienne dans les domaines des mathématiques et de l’étude des astres, ainsi que la croyance en l’élévation vers le ciel du pharaon défunt.

La question des conditions et du mode d’édification de la pyramide de Kheops, et des deux autres pyramides de Gizeh, apporte un même flot d’hypothèses et un début de certitudes. Les Égyptiens ne nous ont en effet légué aucun témoignage à ce sujet. Les résultats des fouilles archéologiques permettent d’avancer un tableau plus ou moins précis du chantier. Celui-ci est une véritable fourmilière qui réunit les contremaîtres, les géomètres et les divers artisans spécialisés, tels que les tailleurs de pierre. La main-d’œuvre, recrutée parmi les paysans du pays et non parmi des esclaves dirigés à coups de fouet comme la légende aime le répéter, peut compter jusqu’à 30 000 individus en période de crue du Nil. Elle est logée et nourrie mais n’est pas payée. Seul le patron du domaine agricole auquel appartient l’ouvrier est dédommagé. D’après Hérodote, le chantier de la pyramide de Kheops a duré vingt ans.

L’interrogation centrale reste celle-ci : comment les Égyptiens ont-ils pu déplacer et élever 2 300 000 blocs de pierre et en faire de telles merveilles architecturales ? Acheminées sur le Nil en crue, les pierres étaient débarquées sur le plateau avant d’être déposées sur des traîneaux de bois pour être déplacées vers le chantier. Et ensuite ? Différentes thèses s’opposent. Certains historiens, comme Hérodote, ont avancé l’idée du balancier mais le dispositif paraît insuffisant vu le poids des blocs qui se mesure en tonne. L’éventualité de l’usage de la poulie et du treuil est tout aussi impossible quand on sait que la route n’existe pas encore. L’hypothèse de la rampe est donc la plus plausible, d’autant plus que cette technique a laissé des souvenirs dans quelques dessins et dans le sol qui entoure la pyramide.

La rampe qui évolue au fil de l’élévation du chantier, peut revêtir différents aspects. La rampe hélicoïdale longe parfaitement les parois, la rampe en spirale s’enroule autour du monument, la rampe frontale se dirige depuis l’extérieur vers un côté, à la perpendiculaire de celui-ci. Les contraintes de chacun de ces dispositifs conduisent les archéologues à ne pas s’arrêter définitivement sur l’un d’eux. La rampe hélicoïdale pose le problème du virage de la pierre à 90 degré et la rampe en spirale ne peut s’imaginer qu’en fin de chantier quand la rampe frontale devient trop longue ou trop inclinée pour atteindre les dernières hauteurs du monument.

Toutes ces théories, longuement élaborées, sont balayées par certains ufologues qui prétendent détenir l’explication. Ils avancent l’idée que les Égyptiens auraient simplement eu recours à une aide extraterrestre. Conclusion qui n’est pas sans désarmer la communauté scientifique.


Guillaume Lambert

Ingénieur logiciel de formation et amateur de mystères, de fantastique et d'aventures.

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